Coût des énergies renouvelables : et si l'avenir était marin ?

Eolien onshore vs éolien offshore

Le territoire français a cette particularité de disposer d’une façade maritime étendue et variée. Le potentiel énergétique y est donc énorme. Pourtant, ces potentiels énergétiques ont longtemps été négligés dans les budgets de recherche. Leur part ne dépassait pas les 8% des crédits accordés aux énergies renouvelables avant 2001. La mer offre pourtant des possibilités variées de production parmi lesquelles on peut aussi citer : l’énergie houlomotrice (provenant des vagues), l’énergie marémotrice, l’énergie thermique, l’énergie osmotique (salinité) ou encore l’énergie de la biomasse marine. Sur ce thème, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) actualise avec une nouvelle étude relative aux énergies marines, le coût des trois modes principaux d’énergies renouvelables en France et en Europe.

 

Le coût de l’énergie éolienne offshore

Pour rappel, on oppose par définition l’éolien onshore  qui caractérise les éoliennes installée à terre, à l’éolien offshore (en mer). Il s’agit ici de l’énergie éolienne produite hors côtes, soit celle produite par les éoliennes en mer. Celles-ci peuvent être basées sur des fondations sous-marines, on parle alors d’éolien posé. Le constat est simple en la matière. Le prix d’achat de ce mode d’énergie a considérablement chuté pour les six premiers parcs attribués en 2011 et 2013. Les tarifs moyens après renégociation en 2018 les fixent respectivement, sur vingt ans d’exploitation, à 148 €/MWh et 134 €/MWh. Pour le dernier projet accordé à EDF en 2018, ce tarif d’achat est passé à 44 €/MWh sur vingt ans.

Le constat chiffré est le même dans les autres pays européens utilisant l’éolien posé. on parle ici de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas et du Royaume-Uni. Les prix négociés par les porteurs de projet y sont chuté de 170 €/MWh en 2014, à 140 €/MWh en 2015, et jusqu’à 60 €/MWh en 2016-2017.

Et la tendance devrait se confirmer dans les années à venir grâce notamment au prolongement de la durée de vie des structures et à la diminution des coûts d’exploitation. Ainsi, selon l’étude de l’ADEME, le coût de production se situera entre 56 à 88 €/MWh en 2030, puis entre 35 et 54 €/MWh à l’horizon 2050.

 

L’éolien flottant : les coûts en baisse des projets pilotes

Dans ce cas, les éoliennes sont reliées aux fonds marins par des lignes d’ancrage. L’étude rappelle que ce procédé est marginal puisque  qu’il n’existe à ce jour qu’un seul parc d’exploitation en Europe. Mais d’ici à 2022, huit parcs pilotes devraient voir le jour, dont quatre en France. Parallèlement, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) entend augmenter les puissances ainsi produites jusqu’à 1000 MW. Le coût actualisé de l’énergie d’un parc pourrait être alors de 77 à 97€/MWh en 2030. Et il devrait chuter à nouveau entre 58 et 71MWh en 2050.

 

L’énergie d’origine hydrolienne : une baisse des coûts encourageante

Alors que les éoliennes utilisent la force du vent, l’hydrolienne exploite l’énergie cinétique des courants marins, et ce, grâce à des turbines. Le procédé est le plus récent et les projets sont essentiellement des pilotes, mais les résultats sont très encourageants. En effet, selon l’ADEME, une baisse des coûts de près de 40% a déjà été enregistrée. L’étude se base sur une comparaison entre les premiers démonstrateurs et les machines récemment exploitées.

C’est une nouvelle plus qu’encourageante pour la Commission européenne, financeur principal de ce type de projet. La poursuite du développement de l’hydrolien au niveau européen, devrait cependant nécessiter le relais de soutien nationaux.