Energie : l'Allemagne fait la part belle aux sources vertes

C’est une grande première : désormais en Allemagne, l’électricité provient majoritairement de sources renouvelables. La bonne nouvelle a été publiée en janvier dernier par l’ISE Fraunhofer, l’institut de recherche dédié à l’énergie solaire le plus important d’Europe.

Les chiffres

Ce cap historique a été franchi en 2018, faisant passer la part d’énergie verte à plus de 40% avec un bon de + 2,2 points, devant celle du charbon. Solaire, éolien, biomasse et hydroélectrique ont en effet produit l’an dernier 219 TWh (TéraWatt/heure) d’électricité, soit une augmentation de 4, 3% en un an, toujours selon l’étude Fraunhofer.

Le soleil, le vent, l’eau et la biomasse ont ainsi dépassé le charbon et le lignite (charbon naturel) chez le bon élève du vieux continent. La clé de ce succès ? L’effet papillon de Fukushima qui avait donné des ailes à Angela Merkel pour accélérer le processus du virage énergétique annoncé en 2011, au lendemain de la catastrophe nippone. Huit ans plus tard, la part des sources vertes a plus que doublé dans son pays qui a su relever le défi qu’elle avait alors lancé quant à l’abandon progressif du nucléaire et au recul des énergies fossiles.

Les nouveaux objectifs à court terme

La chancelière continue sa croisade, le lignite représentant encore ¼ de l’électricité du pays. Angela Merkel vise désormais la sortie progressive de l’énergie au charbon et au lignite. En ligne de mire, dans l’ordre chronologique : l’abandon total du nucléaire (13,3% en 2108) d’ici 2022 et l’objectif de 65% d’énergies renouvelables pour la production électrique totale avant 2030.

L’état des lieux établi par l’ISE FraunHofer en 2018 présente la répartition suivante des énergies vertes :

  • Énergie d’origine éolienne : 20,4%
  • Énergie d’origine solaire : 8,4%
  • Énergie issue de la biomasse : 8,3%
  • Énergie d’origine hydraulique : 3,2%

Soit un total de 40,3% (contre 19,1 % en 2010).

De leur côté, charbon et lignite représentaient respectivement 24,1% et 13,9%, soit encore 38% à eux deux l’an dernier. L’Allemagne est donc sur la bonne voie, même si les énergies dites fossiles conservent une place de choix dans le mix électrique. Elle reste toutefois un modèle en la matière.