Google, premier acheteur privé d’énergies renouvelables

 Google l’a annoncé vendredi 20 septembre. Dix-hui nouveaux contrats signés pour la construction de centrales solaires et éoliennes sur trois continents. Avec cet investissement, la firme entend confirmer son attachement  historique à l’énergie renouvelable pour couvrir son impact. Ce pas de géant en fait d’ailleurs le premier acheteur privé d’énergie verte, disposant d’un portefeuille de 5 500 MW.

On vous explique pourquoi et comment.

 

Google, un géant très énergivore

Une grande partie des utilisateurs n’a pas conscience de l’aspect énergivore d’Internet au quotidien. Concrètement, qui se pose la question de la quantité de CO² émise par l’envoi d’un simple mail ? Hetty a trouvé une réponse précise sur le site du journal du CNRS. « Le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis ». 

Si ce geste simple a un tel impact, les infrastructures et le fonctionnement de Google en font automatiquement un ogre.  On sait qu’un très gros data centers atteint les 100 millions de watts. Ce n’est pas moins que 1/10ème de la production d’une centrale thermique ! Pourquoi ? Pour faire simple, l’électricité consommée pour tourner se transforme en chaleur ; il faut donc climatise et refroidir les serveurs pour les protéger. Au regard de la dématérialisation croissante, la consommation totale d’électricité des data centers dans le monde ne cesse d’augmenter. Elle a doublé de 2 % de la consommation énergétique mondiale en 2012, à 4% en 2015 selon RTE et pourrait atteindre 13 % en 2030. On peut la consulter en direct ici.

 

 

Google se fournit à 100% en énergies renouvelables

Tous les GAFA sont donc dans le viseur sous la pression des ONG protectrices de l’environnement telles que Greenpeace. C’est la raison pour laquelle Google s’est positionné comme un pionnier de l’énergie propre en investissant dès 2007 dans le secteur. En 2009 naissait même la filiale Google Energy.

Le PDG de Google, Sundar Pichai affiche fièrement le leadership de la marque dans cette course écologique : « En 2017, nous sommes devenus la première entreprise de notre taille à compenser notre consommation annuelle d’électricité avec des énergies renouvelables, et nous l’avons refait en 2018 ».

 

« Autant d’électricité qu’un pays comme l’Uruguay »

La signature de ces nouveaux contrats concerne l’achat de 1600 MW supplémentaires aux États-Unis, au Chili et en Europe (Finlande, Suède, Belgique et Danemark), dont une majeure partie d’énergie solaire. Plus précisément, ces accords concernent la construction d’infrastructures solaires et éoliennes, à hauteur de 2 milliards de dollars. Ils génèreront à terme une augmentation de 40% du portefeuille d’énergies renouvelables de Google dans le monde, pour un total de 5 500 MW.

Le mastodonte entérine fièrement sa position en devenant le premier acheteur privé d’énergie renouvelable. Une idée de ce que cela représente ? Le dirigeant de Google donne une comparaison intéressante pour mesurer l’envergure de cet investissement : « Une fois que l’ensemble de ces projets sera réalisé, notre portefeuille en énergie sans carbone produira autant d’électricité qu’une ville comme Washington DC ou des pays comme l’Uruguay ou la Lituanie ».

 

A noter aussi, alors que Google avait jusqu’alors privilégié l’énergie éolienne, il semble que la baisse des coûts du photovoltaïque attire de plus en plus le groupe vers cette source d’énergie. Une tendance qui se confirme notamment en France où l’énergie solaire est désormais compétitive, comme l’a récemment affirmé une étude de la CRE (Commission de régulation de l’énergie). Voilà qui laisse présager des évolutions intéressantes dans les stratégies d’approvisionnement. A suivre !