Hausse du prix de l'électricité : les défenseurs des consommateurs lancent l'alerte dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron

Non à la hausse annoncée de 5,9% du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE). La demande est adressée à Emmanuel Macron par Jean-Yves Mano et Alain Bazot, présidents respectifs des associations de défense des consommateurs CLCV et UFC-Que Choisir, dans une longue lettre du 11 avril.

C’est  une délibération de la Commission de régulation de l’énergie (CRE – 7 février 2019) qui est visée par les deux associations. Elles demandent au Président de la République de ne pas suivre cet avis «  techniquement infondé et juridiquement contestable ». Retour rapide sur les arguments avancés pour dénoncer cette hausse du prix de l’électricité.

Le contexte économique

D’emblée, les deux signataires mentionnent le contexte économique actuel de crise du pouvoir d’achat. « Approuver le raisonnement de la CRE reviendrait donc à tourner le dos aux attentes des Français en termes de pouvoir d’achat et à la logique de dialogue que vous avez mise en place durant le grand débat national. » Sans les citer, ils voient dans cette hausse du prix de l’électricité, un signal très malvenu pour répondre aux Gilets Jaunes.

L’aspect juridique

Vient ensuite l’aspect juridique de la décision. La lettre souligne les doutes émis par l’Autorité de la concurrence quant au mode de calcul utilisé par la CRE pour enjoindre le gouvernement à cette hausse du prix de l’électricité de presque 6%. « Sur le fond, la délibération de la CRE propose une évolution subjective du tarif réglementé qui est déconnectée de l’évolution des coûts réels de l’opérateur historique, au détriment des consommateurs. » Ils le qualifient par ailleurs de « très défavorable aux ménages, majoritairement liés par les tarifs réglementés d’EDF ».

La méthodologie

Enfin, d’un point de vue méthodologique, les organisations de défense des consommateurs donnent des pistes de réflexion. Elles énumèrent des mesures qui permettrait d’empêcher cette hausse du prix de l’électricité : organisation de la concurrence, minoration des coûts pesant sur EDF ou encore levier fiscal et baisse des taxes.

Avant les annonces de clôture du grand débat par Emmanuel Macron, la CLCV et l’UFC-Que choisir entendent donc lancer une alerte sérieuse pour éviter cette hausse historique. Elle pourrait même être suivie par la saisie du Conseil d’État pour obtenir l’invalidation de la mesure.