La 5G pour tous : les mises en garde de l’UFC-Que choisir

La 5G selon l'UFC-Que choisir

Alors que le déploiement du réseau 5G approche à grands pas, l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir pointe du doigt les failles de ce nouveau marché. En effet, elle s’adresse à l’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP) avant la fin de la consultation sur son projet de régulation. Hetty vous explique tout.

Une 5G à plusieurs vitesses

Sans entrer dans des considérations trop techniques, il convient de faire un parallèle important avec la 4G. Lors de son lancement, les fournisseurs offraient à peu près la même qualité de débit. Il en est tout autrement pour la technologie 5G. Les plus hauts débits pourraient varier du simple au double entre les différents opérateurs ! En effet, le système des enchères pour la bande cœur (fréquences 3490-3800 MHz), peut permettre à l’un d’eux d’exploiter 40 MHz, contre 100 MHz pour l’autre. Un grand écart énorme pour le même service vendu…

Les risques d’abus commerciaux

En l’état, le projet de régulation de l’ARCEP ne prend pas cas de cette possibilité d’inégalité. Ainsi, l’association de défense des consommateurs craint des abus de la part des opérateurs lors du lancement commercial des forfaits 5G. La tentation est grande pour eux de dissimuler une prestation de moindre qualité. Or, le lancement de la 5G sera, à n’en pas douter, accompagné par de vastes campagnes publicitaires pour un service, qui sera loin d’être le même pour tous. L’UFC-Que choisir alerte même sur le fait que certains usagers n’auront en réalité accès qu’à une qualité inférieure…à celle de la 4G ! Une aberration, quand on imagine le prix élevé des forfaits qui seront associés à la 5G.

Une couverture 5G inégale

 Autre point sensible pointé par l’association : l’accès à la fameuse bande de fréquences 3490-3800 MHz. C’est son ce qui conditionne la qualité de la 5G. Autrement dit, pour bénéficier d’une 5G optimale, les usagers devront capter ces fréquences avec leur téléphone portable. Or, l’ARCEP a défini les règles de déploiement de la 5G en termes de sites émetteurs. Elle n’impose qu’un nombre de sites. Pour la 4G, c’est bien la couverture de la population qui faisait office d’objectif final. Selon l’UFC-Que choisir, plus de 10% de la population pourrait se trouver exclue de cette évolution vers la 5G.

Les requêtes de l’UFC-Que choisir

Soucieuse de protéger les consommateurs quant à leur accès à une 5G de qualité, l’association a répondu à la consultation de l’ARCEP, en lui demandant :

– un calendrier de déploiement basé sur la couverture de la population, doublé d’un objectif de couverture intégrale à court terme. Cela, afin d’éviter que les opérateurs ne privilégient les sites les plus rentables ;

– corriger les failles relatives aux obligations de transparence des opérateurs quant à la qualité effective de la 5G proposée, pour éviter les campagnes publicitaires et les offres trompeuses ;

– dans le même esprit, obliger les opérateurs à mentionner clairement la qualité de la 5G dans les cartes de couverture.

– interdire aux fournisseurs de mentionner le terme « 5G », si en réalité, le débit proposé est en réalité inférieur à celui de la 4G.

 

A la veille des enchères des bandes de fréquence de la 5G, ces questions importantes sont donc posées. Hetty ne manquera de vous informer de la suite des événements !