Le SOS est-il mort ?

« Short Message Service », « Short Messaging System » :  SMS. ce court acronyme définit une forme de communication écrite révolutionnaire qui a fleuri avec l’avènement du téléphone portable. Trois lettres qui sont aussi en passe de rejoindre les oubliettes du monde numérique.

 

Des débuts fracassants

Le premier texto a été envoyé lors d’une nuit de décembre 1992. Quelques semaines plus tard, 1 milliard de SMS partaient pour souhaiter la nouvelle année à distance. En moins d’un quart de siècle, l’outil a connu une envolée fulgurante. Pour preuve, en 2014, ce ne sont pas moins de 6000 milliards de petits messages écrits qui ont voyagé dans le monde. 200 milliards rien qu’en France. Pourtant, depuis 2107, l’utilisation du SMS est en chute libre, mise à mal par l’émergence de nouveaux services de messagerie instantanée.

 

Un déclin brutal

C’est une branche spécialisée de l’ONU,  l’Union internationale des télécoms (UIT) qui a mis en évidence la baisse flagrante des échanges de SMS sur la planète. Entre 2104 et 2016, le flux a connu une chute de 51%. Résultat, seulement 3000 milliards de textos échangés en 2016. Et cette baisse est encore plus flagrante dans les pays développés : entre ces deux années, – 70 % ! La France n’a pas échappé à cette nette tendance. L’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes) a également noté la chute conséquente des envois de SMS durant les années charnières 2015 et 2016.

 

Les nombreux coupables

En cause ? Messenger, Whatsapp, Imessage, WeChat, Telegram, Skype, Snapchat, Instagram et autres Slack ou Hangout… Autant de plateformes concurrentes féroces, dotées de fonctionnalités aussi ludiques qu’addictives et pratiques, qui dépassent les capacités basiques du simple SMS. Les émojis, les GIF, les autocollants, la gratuité en Wifi, les conversations en groupe etc. En s’adaptant aux mœurs et aux codes esthétiques, ces messageries ont séduit les utilisateurs du monde entier. Elles rencontrent un succès grandissant contre lequel le texto ne peut plus lutter.

 

Et si en plus, Google s’y met !

Même inclus dans des formules de forfaits illimités, le SMS agonise et semble voué à un déclin inéluctable. Selon l’UIT, les revenus produits par les SMS, sont d’ailleurs amenés à baisser à nouveau de moitié d’ici à 2022. Et le protocole RCS, à l’étude du côté du géant Google, devrait définitivement enterrer ce bon vieux SMS, auquel il restera éventuellement la niche des échanges de codes de validation destinés à éviter la fraude.