Zoom sur le phénomène de précarité énergétique

Chiffres de l'ONPE sur la précarité énergétique

L’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) vient de publier une actualisation de son tableau de bord. Et le constat n’est pas réjouissant. En 2018, le phénomène de précarité énergétique a touché près de sept millions de Français. Causes, indicateurs et solutions, Hetty fait pour vous le tour de la question.

 

 

Quelles sont les causes de la précarité énergétique ?

Deux critères influencent directement le niveau de confort énergétique des ménages :

– en premier lieu, le prix de l’énergie : son augmentation structurelle met une pression importante sur les Français les plus modestes. Et les deux hausses successives du TURPE (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) et des tarifs réglementés de l’électricité) en 2019, n’ont certainement pas amélioré la tendance l’an dernier. Concrètement, la facture a augmenté de 7,2% en trois mois !

– en second lieu, le taux de pauvreté : mécaniquement alimenté par la hausse des tarifs de l’énergie, il augmente aussi indépendamment. Les abonnés aux tarifs réglementés subissent de plein fouet leur augmentation ; c’est en grande partie pourquoi un quart des usagers ont opté pour des offres de marché.

 

 

Comment est quantifiée la précarité énergétique ?

 

Deux indicateurs permettent à l’ONPE de mesurer le phénomène de précarité énergétique :

– le taux d’effort énergétique : il désigne « la part des dépenses totales d’énergie dans le logement sur le revenu disponible du ménage ». Au-delà de 8% de dépenses énergétiques, le ménage est considéré en précarité. C’est le cas pour 3,4 millions de Français, soit 11,7% des ménages français selon l’ONPE, un chiffre en légère hausse après deux années consécutives de baisse ;

– le ressenti du froid : ce critère plus subjectif révèle que 15% des Français ont « souffert d’une sensation de froid chez eux », et ce, durant plus de 24 heures, selon le médiateur national de l’énergie. Mauvaise isolation du logement, panne ou installation insuffisante de chauffage sont les principales causes évoquées par les ménages.

 

 

Rénover pour lutter contre la précarité énergétique 

 

L’incitation à la rénovation fait figure de levier majeur pour lutter efficacement contre la précarité énergétique. Sur ce point, le thème de la fin des passoires thermiques est central dans le Plan de rénovation énergétique des bâtiments, présenté par le gouvernement au printemps 2018. L’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 font de la réduction de la consommation d’énergie un objectif impérieux. Il passe par la rénovation de 500 000 logements par an.

Pour l’atteindre, l’ONPE met en avant l’ensemble des aides financières destinées  à encourager les travaux de rénovation énergétique de qualité. En 2019, 5,7 millions de ménages ont perçu un chèque énergie. Par ailleurs, les aides de l’ANAH (agence nationale de l’habitat) ont permis la rénovation de 155 000 logements en 2019, soit « près du double du niveau de 2017 ». Parmi ces dispositifs d’aides financières, la dernière-née « Ma Prime Rénov’ » aidera les plus modestes à accéder à la rénovation de leur logement.